L’agenda des événements de septembre à décembre 2026

La Marche des Fiertés LGBTQIA+ de Paris et d’Île-de-France, initialement prévue le 27 juin 2026, a été reportée au samedi 3 octobre 2026. Le cortège partira de la place d’Italie à 14h, après les discours prévus à 13h30, et rejoindra la place de la Bastille, où un grand concert clôturera la journée. Cette édition portera le mot d’ordre « 2027 : Solidarité, diversité, LGBT+ & allié·es ».


BD / manga / comics

LGBTQomics — Angoulême
Dates : 28 mai 2026 → 21 mars 2027
Lieu : Musée de la bande dessinée, Angoulême
Horaires : selon les horaires d’ouverture du musée
Programme : exposition consacrée aux représentations LGBTQIA+ dans la bande dessinée, les comics et les mangas.

Visites de LGBTQomics — Angoulême
Dates : 19 et 20 septembre 2026
Lieu : Musée de la bande dessinée
Horaires : horaires des visites à vérifier dans le programme des Journées européennes du patrimoine
Programme : visites et médiations autour de l’exposition LGBTQomics.


Cinéma

Cineffable : festival international du film lesbien et féministe, avec longs métrages, courts métrages, documentaires, débats, rencontres et événements culturels.
Dates : 29 octobre → 1er novembre 2026
Lieu : Espace Reuilly, Paris 12e
Horaires : programmation et horaires des séances à consulter lors de l’ouverture de la billetterie
A suivre sur Instagram pour découvrir la programmation en avant-première.

Chéries-Chéris — Paris
Dates : Une prochaine communication annoncera les dates et la programmation
Programme : longs métrages, courts métrages, documentaires, avant-premières, rencontres avec les réalisateurs·ices et compétitions autour du cinéma LGBTQIA+.


Arts et culture queer

Merci·Marsha
Dates : 26 sept. 2026, 20:00 – 27 sept. 2026, 02:00, 8 Rue Richard Lenoir, 75011 Paris, France
Programme : jeux de rôle dans un cadre LGBTQIA+. 

Global Black Pride — Paris
Dates : 9 → 13 septembre 2026
Programme : conférences, performances, rencontres, village, événements culturels et artistiques, puis grande marche des Fiertés Global Black Pride
Grande marche : samedi 12 septembre 2026

Zoom sur : L’Odyssée

La vision de L’Odyssée de Nolan est réussie, notamment grâce à un excellent montage qui donne au film un rythme efficace et haletant. C’est une adaptation assez épurée de l’œuvre d’Homère et constitue une porte d’entrée pour redécouvrir ou réviser L’Odyssée d’Homère. L’adaptation de Nolan donne envie de se replonger dans toutes les autres adaptations d’Ulysse, notamment le film de 1954 avec Kirk Douglas, ou tout bonnement le poème d’Homère.

La musique, énigmatique, contribue à installer une véritable tension, notamment dans certaines scènes mythologiques. Les moments où le divin se mêle au monde des hommes sont d’ailleurs particulièrement intéressants. C’est probablement là que le film trouve certaines de ses plus belles réussites.

En revanche, je n’ai à aucun moment été réellement ému, à l’exception de la scène du chien Argos qui attend le retour de son maître. Et c’est justement une scène qui aurait pu devenir un véritable coup émotionnel, mais qui m’a semblé trop rapidement expédiée, voire bâclée. C’est peut-être là que se trouve l’une des principales limites de Nolan : il semble davantage dans la monstration que dans l’émotion. Il montre les événements, les situations et les personnages, mais peine parfois à leur donner une véritable profondeur émotionnelle.

Cela se ressent également dans la direction d’acteurs. Certains comédiens, comme Matt Damon et Anne Hathaway, tirent leur épingle du jeu, tandis que d’autres peinent davantage à convaincre. Est-ce réellement un problème de direction d’acteurs ? Difficile à dire, mais j’ai souvent le sentiment que Nolan empêche ses comédiens d’aller chercher quelque chose de plus brut. Les personnages semblent parfois prisonniers de la mise en scène plutôt que pleinement habités par leurs émotions.

Enfin, les décors sont relativement simples. Mais ce choix n’est pas forcément un défaut : il permet justement d’éviter la démesure et la surenchère visuelle que l’on aurait pu craindre avec un tel projet. L’ensemble reste donc assez maîtrisé, même si cette maîtrise finit parfois par donner au film une certaine froideur.

La vision de Nolan, très décriée, notamment en raison du choix de faire incarner des personnages historiquement grecs par des acteurs de différentes origines, a suscité de nombreux débats. Pourtant, j’y vois une autre lecture. Comme le rappelle le personnage de Pénélope dans le film : “notre civilisation grecque est au bord de la destruction”. J’y vois donc un véritable parallélisme avec nos sociétés actuelles. Le fait de représenter différentes origines — noires, asiatiques, blanches, orientales — montre qu’aucune communauté n’est meilleure qu’une autre et qu’aucune civilisation actuelle ne peut réellement prétendre être supérieure aux autres ou détenir la vérité.

Le film semble ainsi refléter notre époque : il ne cherche pas nécessairement à désigner un camp ou une civilisation qui aurait raison, mais plutôt à montrer que nous avons tous nos contradictions et, d’une certaine manière, notre part de responsabilité. À travers cette relecture de L’Odyssée, Nolan semble finalement transformer le récit d’une civilisation en crise en miroir de notre propre monde, où aucune partie ne peut véritablement détenir la vérité.

Au final, L’Odyssée est un film solide, bien rythmé et visuellement maîtrisé, mais qui ne provoque que rarement l’émotion. C’est une adaptation intéressante et accessible de l’œuvre d’Homère, mais certainement pas le chef-d’œuvre que l’on pouvait espérer. Toutefois, je dirais que L’Odyssée est l’un des films les plus aboutis et les plus intéressants de Nolan. Malgré ses défauts, notamment son manque d’émotion et une direction d’acteurs parfois discutable, le film me semble plus équilibré que certains de ses précédents travaux. Interstellar était, à mes yeux, affreusement long, tandis qu’Oppenheimer était particulièrement bavard et intellectuel. Avec L’Odyssée, Nolan revient à un cinéma plus spectaculaire et accessible, tout en conservant une certaine ambition. Ce n’est peut-être pas le chef-d’œuvre annoncé, mais c’est probablement l’un de ses films les plus maîtrisés dans la lignée du Prestige et Inception.

Quand la musique devient fierté : escapade au cœur des scènes queer.

Orville Peck, chanteur de country né en Afrique du Sud et basé au Canada, est devenu l’une des figures les plus singulières de la scène country contemporaine, notamment dans ses liens avec la culture queer. Il s’est imposé avec une esthétique très marquée : il apparaît toujours masqué sur scène et dans ses visuels. Ses masques, qu’il personnalise lui-même, participent à la construction d’un personnage scénique et à une réflexion sur l’anonymat, l’identité et la théâtralité, ainsi qu’à un héritage direct de traditions sud-africaines dont il se nourrit.

Son univers musical mélange country classique, ballades mélancoliques et morceaux plus lumineux ou dansants. Ses textes explorent souvent la solitude, le désir et la rupture, tout en s’inscrivant dans une réappropriation version queer de l’imaginaire du cowboy, du western américain tout en façonnant une culture du rodéo queer. Il a collaboré avec plusieurs artistes pop et country, notamment Kylie Minogue, Noah Cyrus et Willie Nelson, créant un pont entre country traditionnelle et pop contemporaine. Ses clips et ses performances s’inscrivent dans une esthétique très cinématographique, hautement stylisée sous l’influence de David Lynch, à des références au western (comme Brokeback Mountain), à une imagerie de cowboy solitaire façon Macadam Cowboy (Midnight Cowboy). Concernant les tournées, il se produit régulièrement en Amérique du Nord, notamment dans des festivals.

Sa tournée européenne passe par Paris le 17/06 au Trianon et il se produira à Berlin dans le temple de la techno.


Hercules and Love Affair et Anohni : une collaboration emblématique de la scène queer électro 2008

La scène musicale new-yorkaise des années 2000 a vu émerger des projets majeurs comme Hercules and Love Affair, fondé par Andy Butler. Entre house, disco et électro underground, le groupe s’inscrit dans une esthétique à la fois dansante et émotionnelle, profondément liée à la culture club queer.

La collaboration avec Anohni (anciennement Antony Hegarty) sur des titres comme Blind, ou sur You Belong aux côtés de Nomi Ruiz, illustre la richesse de ces rencontres artistiques. Ces morceaux combinent énergie électronique et intensité vocale.

Cette chanson illustre une sensibilité artistique mêlant musique électronique, expression identitaire et univers visuel urbain. Leur travail contribue à faire de la scène queer un espace de liberté, de visibilité et de création.


The Knocks, Dragonette & Aquaria – Slow Song : une rencontre électro queer iconique

Le duo new-yorkais The Knocks et la chanteuse canadienne Dragonette, Martina Sorbana s’associent en 2022 sur le titre Slow Song, un morceau électro-pop aux accents disco, porté par une énergie nostalgique et dansante.

Le clip met en scène la drag queen et artiste Aquaria, figure emblématique de la scène queer contemporaine. On la suit dans une traversée nocturne d’une ville (Mexico City), quittant son quotidien, où elle danse dans la rue, puis rejoint un bar où la musique prend toute sa dimension, hyper entraînante et libératrice.

Entre solitude urbaine et libération dans le club, le clip illustre parfaitement l’univers de The Knocks et Dragonette : une musique électro accessible et touchante ancrée dans la culture des nuits queer et des espaces de liberté.

Avec Slow Song, la rencontre entre Aquaria, Dragonette et The Knocks devient un symbole de la scène électro queer actuelle : un mélange de performance, d’identité et de célébration, où la danse dans la rue se transforme en affirmation dans le club et vice-versa. Idéal pour ce mois des fiertés.

Focus sur Next Gaymer, l’association qui rassemble les geeks et gamers LGBTQIA+

Next Gaymer est la première association française dédiée aux geeks et gamers LGBTQIA+. Créée pour offrir un espace sûr et inclusif aux passionné·es de jeux vidéo, de jeux de rôle et de cultures geek, elle rassemble aujourd’hui plusieurs milliers de membres en France et dans les pays francophones. L’association favorise les échanges, l’entraide et la visibilité des personnes LGBTQIA+ à travers ses événements en ligne et ses nombreuses rencontres conviviales dans l’univers du gaming. Elle organise également le Gaymer Festival, rendez-vous annuel mêlant culture geek, inclusion et diversité.

Retrouvez toute l’actualité de l’association et les événements à venir sur le site officiel de Next Gaymer : https://nextgaymer.com/

Éclairage sur quelques médias LGBTQIA+

  • Between Goodbyes (2024) conseillé par Marie une lectrice de notre site, est un documentaire de Jota Mun qui a circulé principalement en festivals et diffusions spécialisées.

Le film suit le parcours d’une femme coréenne adoptée et élevée aux Pays-Bas qui retrouve sa famille biologique en Corée du Sud après plusieurs décennies. Entre émotions, différences culturelles et retrouvailles, le film explore les questions de l’adoption internationale, de l’identité, du sentiment d’appartenance et des familles LGBTQIA+ à travers une histoire intime et touchante.


  • Heartstopper Forever (sortie prévue le 17 juillet 2026 sur Netflix)

Adapté de l’univers créé par Alice Oseman, ce long métrage conclut la série à succès Heartstopper, qui suit l’histoire d’amour de Nick Nelson et Charlie Spring, deux lycéens dont la relation a conquis un large public par sa représentation sensible et positive des jeunes personnes LGBTQIA+.

Dans ce dernier chapitre, Nick se prépare à entrer à l’université tandis que Charlie fait face à de nouvelles responsabilités à l’école. Alors que leur avenir se dessine, ils doivent apprendre à faire évoluer leur relation et à affronter ensemble les changements qui les attendent.

Le film adapte le dernier volume de Heartstopper ainsi que la novella Nick and Charlie, offrant une conclusion très attendue à cette histoire devenue une référence de la représentation queer à l’écran.


Dans un précédent article consacré aux films LGBTQIA+ présentés au Festival de Cannes 2026, nous évoquions notamment La Bola Negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi, Coward, de Lukas Dhont, ainsi que Teenage Sex And Death At Camp Miasma, le nouveau film de Jane Schoenbrun, réalisatrice remarquée pour I Saw the TV Glow.

Plusieurs de ces œuvres ont depuis été récompensées au palmarès cannois. La Bola Negra a reçu ex æquo (avec Fatherland) le Prix de la Mise en Scène, tandis qu’Emmanuel Macchia et Valentin Campagne ont remporté le Prix d’interprétation masculine pour leurs rôles dans Coward, réalisé par Lukas Dhont. Enfin, Teenage Sex and Death at Camp Miasma a remporté la Queer Palm.

Ces distinctions confirment l’accueil enthousiaste réservé à ces films et témoignent de la place importante occupée cette année encore par les récits LGBTQIA+ au Festival de Cannes.