Théâtre : 31

Dans l’atmosphère intimiste du Studio des Champs-Elysées se joue en ce moment « 31 », une « comédie (musicale) » de Gaëtan Bord et Stéphane Laporte dans une mise en scène de Virginie Lemoine.

« 31 », comme 31 Décembre : de réveillon en réveillon, en remontant le temps, se dévoile par petites touches, l’histoire à rebours d’une amitié entre quatre personnages attachants, une histoire d’amitié avec ses ambiguités, ses agacements et ses secrets.

Entre rire et émotion, le brillant et romantique Anthony « Titoune », artiste frustré en quête de son prince charmant, sa cousine, la sérieuse Stéphane (comme Audran ! ), dotée d’un caractère bien trempé, l’autoritaire Victoire, fantasque et généreuse, et Ruben, beau ténébreux un peu paumé, nous emmènent à la découverte des liens profonds qui les unissent, tandis qu’en filigrane se dessine une histoire d’amour secrète et bouleversante.

Au fil de petites scènes ponctuées de chansons bien troussées reflétant l’état d’esprit des protagonistes, les auteurs traitent de la difficulté, parfois, de devenir adulte, et nous disent l’importance, dans nos vies, des familles que l’on se choisit, et qui nous aident à tenir debout lorsque soufflent des vents contraires.

Remarquablement écrit, interprété et mis en scène, ce spectacle ne pourra pas vous laisser indifférent . Précipitez-vous au Studio des Champs-Elysées et laissez-vous entraîner dans le tourbillon de la vie de ces « 4 fantastiques », chaperonnés par la redoutable Tata Yaël (reine du saut à l’élastique !!), vous allez rire et pleurer, comme dans la vie.

 

Olivier a vu : Blanche Gardin

Blanche Gardin est, à mon sens, l’humoriste qu’il faut absolument découvrir, si ce n’est déjà fait.

Blonde et gironde, d’apparence douce et classique, elle compose sur scène un personnage de presque-quadragénaire cynique et désabusé qui passe en revue, sans temps mort, les sujets les plus variés et les plus improbables, voire les plus scabreux ! La dame a en effet l’art de débiter les pires horreurs sur le ton le plus paisible qui soit, pour la plus grande joie du public, hilare du début à la fin.

Si vous voulez rire pendant plus d’une heure, précipitez vous pour applaudir Blanche Gardin, la reine de l’humour trash, dans son one-woman-show « Je parle toute seule », jusqu’au 26 Juin à la Nouvelle Seine, quai de Montebello.

Ames sensibles s’abstenir,  plus jamais vous ne regarderez votre chaton du même oeil ….

 

Olivier a vu

L’Art de la Fugue, film réalisé par Brice Cauvin, qui est l’adaptation réussie d’un délicieux roman de l’auteur américain Stephen McCauley.

Cette comédie douce-amère nous conte les tribulations sentimentales de trois frères à la trentaine bien entamée et à l’immaturité affective réjouissante, couvés par des parents très intrusifs.

Gérard, l’ainé, fan de Mireille Mathieu au chômage, sombre dans la déprime après s’être fait larguer par Hélène, la femme de sa vie.  Antoine, flanqué d’une meilleure amie et associée au goût vestimentaire improbable, s’ennuie poliment en couple avec le gentil Adar; il s’enflamme pour le joli et inconstant Alexis au moment ou son chéri lui propose d’acheter une maison. Quant à Louis, le cadet, il vit une passion brûlante avec une brune et mystérieuse créature alors qu’il s’apprête à convoler avec la blonde et parfaite Julie, chouchoute de ses futurs beau-parents.

L’interprétation est parfaite (Benjamin Biolay, Laurent Lafitte et Nicolas Bedos dans la peau des trois frangins en pleine confusion des sentiments, la formidable Marie-Christine Barrault dans le rôle de la mère  loufoque et très, très, très envahissante,  Agnès Jaoui en meilleure copine exubérante) et l’on retrouve avec bonheur dans ce film la petite musique à la fois drôle, tendre et mélancolique des romans de Stephen McCauley, qu’il est urgent de relire ou de découvrir.

Cinéma : « Boys like us »

Si la rentrée vous déprime, un petit conseil : allez voir le nouveau film de Patrick Chiha, « Boys like us », un petit bijou de comédie, tendre et loufoque, qui traite du thème de l’amitié de manière originale.

L’histoire: Il était une fois un autrichien gay et trentenaire installé de longue date à Paris. Après avoir été fort peu élégamment éconduit par son amoureux, il décide de retourner vivre au pays de Sissi (et de Conchita Wurst !!), accompagné par ses deux meilleurs amis, tout aussi gays et trentenaires que lui.

La nature comique du film provient de la confrontation entre ces parisiens extravertis, autocentrés et totalement névrosés et le petit coin d’Autriche propret, rustique et très très ordonné où ils atterrissent . Mais en contrepoint de ces situations de comédie monte une note plus mélancolique qui nous parle du temps qui passe, de la jeunesse qui s’enfuit et des amours défuntes…

Au final, un fort joli film, drôle et émouvant, très bien interprété,  à courir voir sans tarder avec vos meilleurs ami(e)s !!!

 

Idée de spectacle

En ce moment, se joue au théâtre Montparnasse une très jolie pièce intitulée « un temps de chien ».

Soit une comédie douce-amère naviguant  entre humour et émotion, mettant en scène 24 heures de la vie de trois femmes , quadragénaires fragilisées par les amours malheureuses, l’indécision sentimentale, la solitude et le temps qui passe, qui se croisent dans un bar, un jour de pluie. Elles vont apprendre le temps d’une soirée agitée, à apprivoiser leurs peurs et vont découvrir les vertus de l’amitié.

Un spectacle rythmé, finalement optimiste, interprété  avec justesse et générosité par un trio de comédiennes épatantes, emmené par l’irrésistible Valérie Lemercier, craquante dans un rôle de working-girl au bord de la crise de nerfs, fan de Jean Gabin !

N’hésitez pas, laissez vous entraîner par l’énergie de ces trois drôles de dames dans un tourbillon de rire et d’émotion.